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Peshawar-Lahore (1-3.3.2005)  

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Sexy ChicksPendant notre court séjour à Peshawar, nous avons flâné dans les bazars et surtout réfléchi à notre retour en Suisse afin de pouvoir organiser les prochains visas. La route semble rester l'alternative la meilleure marché et le retour par l'Iran et la Turquie, la solution la moins compliquée au niveau de la paperasse. Nous avons donc décidé de filer vers l'Inde, tout d'abord au sud où la mousson arrive plus tôt, pour revenir ensuite visiter le nord du Pakistan en été car la plupart des routes sont actuellement fermées à cause de la neige.

Du coup nous avions un peu la tête ailleurs, sachant que l'on repassera à Peshawar et que c'est maintenant l'Inde notre prochaine étape. Cela  ne nous a pas empêché de profiter du bazar animé de la vieille ville et de ses belles anciennes maisons de briques et de bois que l'on découvre si l'on arrive à détacher les yeux de l'activité de la rue pour les lever vers le ciel. Nous découvrons aussi toujours plus l'amour qu'ont les pakistanais pour les couleurs et de la décoration. Les magasins de fioritures florales et brillantes pour enterrements ou mariages s'alignent gaiement le long des rues. Et pourquoi laisser à un poussin sa couleur jaune naturelle alors qu'on peut le teindre en violet, rose ou orange? Et puis les chaînes stéréo occidentales sont tellement tristounettes, avec leurs quelques lumières bleues à la mode. Les "Made in Pakistan" clignotent dans tout les sens, de toutes les couleurs en de jolies petites chorégraphies et les haut-parleurs sont argentés ou dorés!

J'ai repéré que le thé est souvent servi sur des plateaux métalliques fabriqués avec des déchets d'emballages en tôles d'autres produits, tels de la laque à cheveux, de l'huile de moteur ou autre. Nous voulons en acheter quelques uns mais ce n'est pas évident. Eux les achètent parce que c'est bon marché, ils ne comprennent pas que l'on trouve ça joli et nous indiquent toujours les magasins où l'on peut en acheter en plastique ou en métal flambant neuf! Après nombre de gestes et explications, nous trouvons finalement le coin du bazar que nous cherchons et les vendeurs sont hilares en nous regardant choisir les motifs, il ne comprennent pas pourquoi nous choisissons le motif "huile de motor" mais pas le "thon en boîte"!

Nous faisons un tour au bazar de la contrebande qui se trouve en dehors de la ville. Ce bazar ressemble à un grand marché comme tant d'autres mais en beaucoup moins atmosphérique, il est immense. Une partie est dédiée aux armes à feu et aux drogues. Cette partie n'est pas accessible aux touristes, sûrement pour les protéger d'eux-mêmes car le recel d'armes ou de drogue est très sévèrement puni. Nous avons embarqué dans notre voiture un français et une Américaine qui voulaient aussi visiter ce bazar. Le français veut absolument voir à quoi ressemblent des kilos de hashish et nous tentons de passer dans le quartier, mais étant deux femmes dans ce monde masculin, nous nous faisons vite repérer par les flics qui nous font signe depuis l'autre côté de la rue comme quoi nous devons faire demi-tour. Nous nous asseyons pour boire un thé pendant que les deux hommes retournent se balader car le français tient mordicus à aller voir tout ce shit dans les vitrines mais pas tout seul! Sans nous, ils passent tranquillement sous le nez des policiers, le temps de regarder des vitrines d'armes toutes vieillottes d'après Dan et d'entrer dans un magasin de hashish où des afghans les reçoivent comme l'on reçoit des clients dans n'importe quel magasin. On leur aurait sûrement proposé de tester les différents produits comme on essaye différents parfums ou habits si la police n'était pas venue les récupérer pour les ramener en dehors de la zone.

Ce qui est étonnant c'est que drogues et armes soient illégales mais qu'elles soient vendues ici en toute connaissance de cause, l'accès de la zone étant même surveillé par la police! On ne sait pas vraiment ce qui est légal, ce qui ne l'est pas, car la définition de la légalité se perd ici. Evidemment, que penser quand un article du journal local relate les manifestations des contrebandiers pour protester contre la fermeture de certaines routes de contrebande par le gouvernement?!!!

Entre la vieille ville, la ville nouvelle de Peshawar et ce bazar s'est développée une ville rampante, toute de terre, pour les plus défavorisés. Les gamins y courent dans la poussière à pieds nus et les gamines, le petit frère ou la petite sœur dans leurs bras, sont habillées de vêtements vifs et brillants et ont le pourtour des yeux maquillé de noir. C'est un quartier très vivant, nous voulons nous y arrêter pour faire un tour du marché mais notre français, probablement pas habitué à être tellement entouré et sollicité, nous urge de partir à cause des "bad vibes"! Je ne suis pas sûr qu'on reprendra des gens avec nous de si tôt! J'aurais bien passé un peu de temps là-bas, rien que pour observer l'arrêt de bus, ou ils arrivent tout colorés, klaxonnant à qui mieux mieux, leurs rabatteurs penchés par les portes, les bras au vent comme pour attraper les passants au vol, criant à qui veut l'entendre la destination de leur bus.

Aujourd'hui nous roulons jusqu'à Lahore. Mon esprit ne s'est pas encore fait au changement de programme, cela me fait très bizarre de filer à toute allure à travers les paysages et d'engloutir un bout de pays qu'il nous faut normalement trois ou quatre jours pour savourer. Cette fois c'est une vrai autoroute à l'occidentale que nous empruntons et à certains endroits, quand les bords sont plantés de feuillus qui cachent le paysage, on oublie que l'on se trouve au Pakistan jusqu'à ce qu'on aperçoive la silhouette d'un convoi de dromadaires qui traversent au loin par une passerelle enjambant l'autoroute. Alors que normalement les panneaux de signalisation sont plus que rares, ici ils ont investit, on nous prévient de la traversée impromptue de hérissons, de tortues et de chiens!

L'accueil à Lahore est mitigé. Les hôtels bon marché refusent tous de nous donner une chambre, ils ont la flemme et nous disent tous d'aller demander à celui d'à côté. Nous tournons bien une demi-heure dans le quartier, demandant une chambre à tous les hôtels de plus en plus minables, essayant de leur mettre la pression en leur disant que nous dormirons dans notre voiture, rien à faire. Pour finir nous tombons sur un manager plus sympa que les autres, souriant et accueillant, cela compense pour la chambre dégueulasse et puant le moisi!


© 2004 Sylvaine Vanet & Daniel Gehriger. All rights reserved.