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Agra-Fatehpur Sikri (13-15.3.2005)  

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Le TajLa place de camping était pas mal, pas besoin de cuisiner, point d'eau et toilettes à disposition, le seul désavantage c'est les camions qui n'ont pas arrêté de toute la nuit, pas sure que nous retenterons l'expérience! En plus c'était sans compter le mariage qui battait son plein à quelques centaines de mètres, dans l'un de ces "jardins à fêtes" qui s'alignent le long de cette route. Ce sont des immenses enclos de murs de briques surmontés de barbelés ou de tessons de bouteilles, peint d'une couleur attrayante si possible et qui porte des noms comme par exemple "Paradise Garden". A l'intérieur, on trouve de quoi accueillir des centaines de personnes d'humeurs fêtarde, à l'abri, sur un gazon, avec un emplacement pour la musique, pour manger, pour danser, des jeux pour les enfants et surtout une décoration toujours très kitsch! Les guirlandes lumineuses rivalisent avec les palmiers électriques (toujours les mêmes depuis la Turquie), les fausses torches et les barrières en plastique. Tout ça au beau milieu d'un paysage de périphérie de grande ville!

L'entrée dans Agra se passe normalement. Les environs du fameux Taj Mahal sont interdits à la circulation afin qu'il ne devienne pas trop vite gris. Comme c'est les heures chaudes, nous piquons un petit somme dans un parc avant d'aller découvrir cette vision de carte postale pour de vrai. C'est dimanche et c'est bondé, peu importe, nous n'attendions rien d'autre. Le monument est vraiment très élégant, blanc devant ce ciel bleu, flanqué de deux bâtiments de pierre rouge dont l'un est une Mosquée. L'autre a été érigé pour des soucis de symétrie mais ne peut pas être utilisé comme mosquée car il tourne le dos à la Mecque. L'intérieur du Taj Mahal est d'un raffinement incroyable, tout de marbre incrusté de pierres semi-précieuse et colorées qui donnent naissances à des motifs floraux d'un finesse qui n'a rien a envier au travail de mosaïque des mosquées d'Esfahan. Nous regardons le soleil se coucher sur ce bijou ainsi que les pseudo-guides qui montrent à certains touristes les "meilleurs" endroits pour faire des photos, le pire c'est que ça marche!

Nous élisons domicile dans l'une des nombreuses "guest houses" qui se vantent d'avoir la plus belle vue du Taj Mahal depuis son toit terrasse; on s'en fiche un peu étant donné qu'il n'est pas illuminé de nuit mais par contre la vue sur toutes les maisons alentours, leurs cours, leurs terrasses et leur vie est bien plus séduisante. Et puis ce toit terrasse, au milieu de cette zone au trafic limité, est un vrai cadeau après notre nuit au bord de la route. Les seuls bruits qui viennent déranger nos oreilles sont les hurlements d'un dresseur de pigeons! Il crie et fait des mouvements très nets avec un tissus qu'il tient à bout de bras, les oiseaux, tournent dans un sens, dans l'autre, se posent… franchement je n'aurais jamais cru ces bêtes là capables de si grandes choses!

Le lendemain nous restons là à glandouiller, histoire de permettre à Dan d'éradiquer un début de rhume et surtout pour profiter de cette terrasse et de la tranquillité du quartier. Je fais tout de même une escapade au fort d'Agra et au bazar tout proche. J'atterris dans le quartier où l'on vend vêtements et tissus à même le sol, les femmes ont un peu le même comportement que celle de chez nous lorsqu'il y a les soldes… Supervisant le business quelques singes observent ainsi la nature humaine depuis les toits alentours. Au profit de la foule les mains sont baladeuses, je me fais souvent pincer les fesses. Si j'arrive à attraper la main coupable je gueule un bon coup en français pour qu'ils aient un peu honte devant les autres. Mais ici les gens sont trop fiers pour être honteux ou s'excuser comme au Pakistan ou en Iran, ils se marrent puis disparaissent rapidement.

Direction Fatehpur Sikri. Nous avons voulu faire les malins en prenant une petite route pour sortir de la ville car la sortie de Delhi par la grande route ne nous avait pas convaincus. Ce n'était pas beaucoup mieux, il n'y avait pas de bouchon mais tellement de véhicules lents et d'obstacles que nous avancions au pas.

Fatehpur SikriA Fatehpur Sikri, village bien touristique au milieu d'une campagne assez verte en ce moment, on peut visiter les restes d'une ville que Akbar avait faite construire à la fin du XVème siècle avec pour vision une ville parfaite. Pas si parfaite que ça car malheureusement l'endroit manquait cruellement de possibilité d'approvisionnement en eau et elle fut désertée très rapidement. La ville elle-même est en ruine mais on en devine les anciennes fortifications. La Mosquée et les palaces ont par contre mieux survécu et ont été restaurés. Nous avons attendu les heures plus fraîches de fin d'après-midi pour visiter le complexe et regarder le soleil se coucher sur le village et ses environs en sirotant un thé depuis le haut des marches de l'entrée de la Mosquée. J'ai moins aimé les palaces que la mosquée. Des touches d'architecture plutôt chinoise ou tibétaine souvent mal placées à mon avis, donnent à certains bâtiments un aspect un peu trop lourd, ce qui n'est pas arrangé par la couleur unie et pourtant magnifique de cette pierre rouge. La mosquée, avec la tombe de marbre blanc et certains éléments aux couleurs contrastées me parait plus légère.

Nous avons passé la soirée sur un toit terrasse en bordure des maisons du villages qui ont l'air tellement imbriquées les unes dans les autres que même vu depuis le haut, on se demande comment c'est possible d'accéder à certaines. Nous faisons la connaissance de Jacek, un polonais qui n'a pas beaucoup de sous et qui ne pouvant pas se payer le billet d'avion, est venu en Inde en train et bus, cela lui a pris neufs jours. Il a son vélo avec lui, il roule en pleine canicule, il aime tout le monde, a acheté un carnet de cartes postales visiblement magouillées à l'ordinateur et est heureux, pas comme certaines personnes rencontrées au cours de notre voyage qui nous donnaient l'impression que le vélo était un combat de tous les jours.

Au début nous avons eu un peu de peine à nous y retrouver dans son flot de paroles, un mélange de polonais, de quelques mots d'anglais et d'allemand mais nous avons ensuite pris nos marques. Un indien photographe de presse, impressionné comme nous par ce bonhomme, l'a pris en affection. Il donne à Jacek plein d'adresses dans différentes villes où il pourra dormir gratuitement et nous précise que c'est bien pour le Karma d'aider les gens. Ici aussi Jacek dort gratuitement, dans une sorte de local dépotoir ou le bordel qu'il a réussi à accumuler en quelques heures se fond dans la masse. Il nous montre fièrement ses achats de la journée. Je ne sais pas à quoi ressemblent les légumes frais en Pologne ni le prix qu'ils coûtent mais il n'arrête pas de s'extasier sur les kilos de tomates et d'oignons qu'il a eus pour quelques roupies. Il plonge son nez dedans, tout sourire et les yeux brillant de bonheur en nous faisant l'article, comme ça sent bon, comme c'est frai, comme c'est sain et comme ce n'est pas cher! Il nous invite, nous et l'Indien, à boire un thé vert qu'il prépare sur son petit réchaud. Nous savourons en Inde ce thé vert de Tanzanie acheté au Pakistan par un Polonais, il a un petit goût de tour du monde…


© 2004 Sylvaine Vanet & Daniel Gehriger. All rights reserved.