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Sikkim (8-13.6.2005)  

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Cueilleuse de théNous partons vers Sikkim avec une jeep et un chauffeur juste pour nous, c'est le luxe, nous ne sommes pas entassés comme des sardines, il fait beau, le paysage est magnifique et le chauffeur s'arrête si nous le lui demandons, petite liberté très appréciable. Nous prenons un peu de temps au milieu des plantations de thé où quelques cueilleuses souriantes semblent plutôt surprises et flattées que nous désirions les photographier. Points de couleur perdus dans l'ondulation verte des plantations, elles décrochent de leur doigts agiles les petites feuilles et les balancent dans la hotte qui pend dans leur dos par une lanière posée sur leur front.

Pelling n'est pas un village extrêmement charmant en soi mais se situe au milieu d'un paysage montagneux toujours aussi beau et vert. Sa situation nous promettait une vue rapprochée des sommets de l'Himalaya que nous souhaitions déjà tant apercevoir à Darjeeling. Mais la saison des pluie n'est pas pour faire notre bonheur sur ce plan là. Le lendemain je suis réveillée un peu tôt par un rayon de soleil vagabond égaré sur mon visage. Sur la terrasse je peux enfin admirer la neige éclatante sur les sommets à l'horizon. Malgré la magnificence de ce paysage et même si on ne s'en lasse pas, cela reste moyennement exotique et dépaysant pour nous, petits suisses qui vivons tout près des Alpes. D'ailleurs à chacun de nos retours en Suisse, cela ne loupe pas, nous nous extasions devant le paysage du lac Léman. Cinq minutes contemplatrices et le temps de sortir l'appareil photo pour attester de cette vision éphémère, le ciel s'était déjà voilé et à huit heure du matin il fait gris...

Décoration de stupaNous partons en direction de Yuksom après avoir jeté un oeil au monastère du coin. Je m'étais toujours imaginé une iconographie bouddhiste bien plus sobre que celle de l'Indouisme, je fus un peu surprise... A l'intérieur, à côté des drapeaux multicolores qui pendent du plafond, des chandeliers, des coupelles remplies d'eau, de l'encens et des offrandes, j'ai découvert des peintures murales et une statuaire qui n'avait rien avoir avec les bouddhas épurés que je m'étais imaginés et qui n'avaient rien à envier aux dieux indiens ni à la représentation du paradis des "Jains". Il y avait des sortes de monstres mi-hommes mi-bêtes, de toutes les couleurs, toutes langues fourchues dehors, parfois dotés de nombreux bras et têtes, brandissant des objets aux allures plutôt guerrières. Le style des peintures murales était un peu naïf. La manière de rendre l'espace se rapproche de celle de l'occident au Moyen-âge. Pas de perspective comme nous la connaissons aujourd'hui, plusieurs points de vue différents dans une même scène et des personnages à la taille variant suivant leur importance. Les couleurs par contre, pastelles ou vives, n'ont rien à voir avec ce que l'on peut trouver chez nous, à part peut-être dans quelques tableaux maniéristes ou bien sûr contemporains.

Yuksom est un charmant petit village qui commence à bien savoir ce qu'est un touriste. Il fait toujours aussi gris est c'est un peu frustrant de ne pas pouvoir admirer la paysage plus loin que le bout de son nez. Ce n'est pourtant pas désagréable de boire des verres dehors en mangeant et discutant dans la relative fraîcheur du soir. Mais à huit heure, tout le monde et déjà rentré à la maison, les quelques échoppes et "bouibouis" ferment et on nous fait comprendre que cela serait sympa de ne pas trop nous éterniser. Ici on vit avec le soleil et ce n'est pas plus mal. Les étoiles pointent leur nez dans le ciel obscur, qui sait, peut-être un signe de bonne augure pour la balade du lendemain.

Moulin à prièreNous nous réveillons donc avec le soleil, enfin plus ou moins. Le chien qui nous avait adopté la veille a dormi toute la nuit devant notre "guest house" et j'ai l'impression que nous ne nous en débarrasserons pas comme ça! Deux chemins s'offrent à nous pour rejoindre Tashiding. Une petite route de pierre moyennement existante, ou un chemin charmant au milieu la forêt mais habité par des sangsues aux dire des locaux. Nous optons pour le chemin. A partir du moment où nous remarquons la première sangsue sur nos chaussures, la promenade devient un peu stressante mais elles ne semblent pas apprécier notre produit contre les moustiques. C'est le chien qui nous suit toujours qui souffre, il a les pattes en sang! Nous hésitons à continuer car ce n'est pas très détendant de toujours surveiller ses pieds, d'un autre côté des petites sangsues ridicules cela n'a jamais tué personne! De plus on nous prédit un chemin ensoleillé pour la suite et donc sans ces sales bestioles. Nous continuons et heureusement car effectivement les sangsues ont disparu et le chemin est superbe, passant par la forêt, offrant des vues plongeantes sur les vallées et traversant des petits hameaux isolés. Sur ces chemins souvent raides, nous croisons des locaux chargés comme des bêtes, de bois, de récoltes, de provisions. En bottes de plastique dorées, en tongues ou souvent à pieds nus, hommes et femmes, jeunes et vieux arpentent les montagnes à une allure effarante par rapport à leur chargement et parfois leur âge.

Tashiding est un petit village agréable sur une crête et offre de belles vues plongeantes sur plusieurs vallées. Notre petite " guest house" avec jardin est parfaite pour passer la soirée. Le lendemain nous décidons de rester par là pour une journée tranquille. Nous montons au monastère juste au dessus du village, dominant la région, entouré de ses drapeaux multicolores et stupas blancs éblouissant dans le soleil. Il n'y a pas grand monde, les moines doivent être en train de faire la sieste. Quelques gamins jouent au football entre les bâtiments ou s'amusent à faire tourner un énorme moulin dans un abri juste à sa taille. L'heure du repas est passée depuis un moment mais un moine accueillent nous fait chauffer dans son coin cuisine une soupe de nouilles en sachet achetée au petit magasin en bois d'un mètre carré où l'on trouve étonnement tout ce qu'il faut pour la survie d'un moine bien comme il faut. On parle un peu, c'est plutôt sympa. J'en profite pour lui demander si les moines peuvent se marier car ce n'était pas très clair dans ma tête. Apparemment cela dépend des tendances, des écoles. Nous passons le reste de la journée à lire et nous remplir les mirettes du paysage sous un soleil qui se bat avec les nuages.

ThasidingLe lendemain il faut déjà partir. Nous avons à nouveau loué une jeep pour nous tous seuls mais le temps est plus gris et le conducteur moins sympathique cette fois-ci. Nous nous arrêtons à Gangtok pour récupérer des billets de train et pour faire une césure dans un trajet assez long. Gangtok n'est pas plus charmante que Darjeeling ou alors est-ce le temps grisâtre qui nous la fait trouver si peu attractive. De toute façon nous devons partir le lendemain pour New Jalpaiguri pour prendre le train pour Kolkata alors pas de regret. Nous faisons un peu de shopping en espérant découvrir des T-shirts avec des inscriptions indiennes mais la mode est aux inscriptions en anglais ou aux stars de catch aux noms qui font très peur et aux faces peu invitantes, hum...

Le voyage du lendemain pour redescendre en jeep partagée dans la pleine n'est pas notre préféré. Le paysage est pourtant beau et le soleil pointe même son nez mais notre chauffeur croit comme tous les Indus à la réincarnation et cela se ressent dans sa manière de conduire. Nous, nous n'y croyons pas, dommage! D'ailleurs les autres passagers indiens du véhicule ne semblent pas y croire autant que notre chauffeur déchaîné... Nous attendons le train en observant le parking de la gare, remplis de rickshaws et moto rickshaws qui se "battent" pour le travail, forcément, le premier coup d'oeil permet de supposer que l'offre surpasse largement la demande, je me demande comment ces gens s'en sortent.

Nous partageons le compartiment avec un jeune couple de Gangtok. Ils vont à Kolkata pour étudier. Comme on peut s'en douter, c'est dur pour eux de quitter leurs fraîches montagnes verdoyantes pour la fournaise de Kolkata qui n'est tout de même pas une ville facile.

Nous retrouvons la faune bruyante du train mais, crevés, ne nous faisons pas prier pour nous endormir, nous arrivons ainsi à Kolkata en quelques minutes...


© 2004 Sylvaine Vanet & Daniel Gehriger. All rights reserved.