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Daocheng (21-22.8.2005)  

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DaochengUne fois de plus nous nous retrouvons dans le bus assis à l'arrière... Il y a d'autres touristes, des Chinois et quelques occidentaux dont un Polonais, ce fameux Polonais que nous croiserons régulièrement pendant ces cinq jours de trajets. Il est un peu paranoïaque, surexcité et angoissé. Il possède toutes les informations qu'il lui faut mais vérifie toujours le tout plusieurs fois auprès des différents touristes. Il s'emporte parfois sans raison et tout le monde le regarde un peu de travers. C'est un bon bougre pourtant, qui sait étonnement beaucoup de choses si on prend le temps de parler avec lui ou plutôt si l'on se retrouve obligé de l'écouter pour un temps. Il nous rendra d'ailleurs bien service pour remplir les minibus afin de partager les frais.

Nous traversons des hauts plateaux ou paissent de grands troupeaux de yacks et moutons énormes aux environs des tentes noirs des nomades. Nous montons et descendons comme un yoyo au grès des montagnes et petites vallées habitées de hameaux aux maisons blanches tibétaines, accrochées aux flans des montagnes ou posées au fond des vallées, près des ruisseaux et de champs "mouchoirs de poche". Ces maisons ont le toit plat, les embrasures des ouvertures sont très décorées  et colorées et elle possèdent un étage supérieur dont une partie ouverte forme une terrasse ou l'on fait sécher le foin.

Yak de DaochengNous montons jusqu'à  quatre milles sept cents mètres environ durant ce trajet. Sous ces latitudes, on cultive encore du maïs à trois mille mètres et plus et la végétation se fait éparse entre trois milles cinq cents et quatre milles mètres. Tout est décalé par rapport à chez nous et nous avons toujours l'impression de nous trouver beaucoup plus bas que nous le sommes réellement. Les hauts plateaux semblent tapissés d'une moquette verte, végétation courte ratiboisée par les yacks gourmands. C'est le paradis des marmottes. Celles des Grisons n'avaient pas voulu montrer leur nez il y un an en Suisse, les chinoise sont semble-t-il moins timides et nous en apercevons une ou deux.

Au bout de huit heures de route nous connaissons le CD préféré du chauffeur de bus par coeur et nous descendons à Xiangcheng dans l'idée d'y faire escale. Nous filons à l'arrêt de bus pour prendre notre billet pour le lendemain. Là c'est un peu la gabegie, Dan essaye de comprendre pourquoi les gens en charge refusent de nous vendre de billets. En fait ils veulent nous vendre des billets pour la destination finale de Litang, évidemment plus chers que ceux pour Daocheng, le bled entre deux où nous comptions nous arrêter. Forcement cela leur rapporte plus mais nous ne sommes pas prêts à payer deux fois la plus grande partie du trajet. Nous avons réagis vite et couru vers le bus que nous venions de quitter afin d'y remonter et d'aller le soir même à Daocheng. Trois heures supplémentaires de bus nous attendaient, moyennement réjouissant mais le paysage continua de nous faire passer le temps. Je n'ai malheureusement pas pu prendre en photo les jolies maisons blanches croisées dans la journée, avec la vitesse du bus, toutes les photos étaient floues. A Daocheng les maisons avaient déjà changé de type et étaient de pierre apparente.

DaochengLa campagne environnante de Daocheng semblait très belle et nous avons décidé de nous y arrêter pour une journée, ce qui nous permettait aussi de fractionner le trajet. Après une grasse matinée et un petit déjeuner aux oeufs et pains à la vapeur nous sommes allés faire un tour au marché. Je n'aurais pas pensé que dans un si petit bled et à cette altitude le marché puisse être si bien achalandé. Le commerce entre les différentes régions de Chine semble bien fonctionner car ce n'est sûrement pas dans la région qu'il ont réussi à faire pousser des pêches et des grenades!

Nous voulons louer des vélos pour nous balader mais il n'y a rien d'officiel. Les connaissances en chinois de Dan se révèlent toujours extrêmement pratiques dans ces cas là. Nous nous renseignons auprès des réparateurs de vélos du marché qui flairent très vite l'affaire. Ils passent un ou deux coups de fils avec leurs téléphones portables, objets de luxe brillants de tous leurs feux au milieu de la poussière et des vieilles bécanes rouillées. Cinq minutes plus tard une dame arrive pour nous conduire chez elle et nous filer quatre vélos. En fait elle vend des vélos neufs et elle a dû se dire que plutôt que de les laisser attendre l'acheteur dans sa cour, elle pouvait tout aussi bien en louer quatre à des touristes pour que cela lui rapporte un peu sans pourtant mettre en danger ses affaires ultérieures. Les deux Daniel se retrouvent donc avec des vélos encore emballés et étiquetés.

DaochengNotre balade est tranquille, nous nous arrêtons tous les dix mètres pour prendre des photos. La campagne est effectivement superbe. Entre les collines coule une rivière autour de laquelle ondulent des champs de blé mûr ponctués de belles maisons de pierre. Le paysage change tout le temps avec la course folle des nuages et leurs ombres rapides violettes ou bleues qui lui donnent des airs dramatiques. Sur les maisons sèchent des galettes de bouse qui serviront de combustible. Les yacks sont poilus à souhaits et les cochons en liberté se goinfrent d'herbe verte, cela donne déjà plus envie de les manger que quand on les voit se traîner dans la boue et ingurgiter toutes les saloperies qu'on veut bien leur donner. Les femmes sont très élégantes dans leurs longues robes-tabliers, surveillant les troupeaux ou travaillant aux champs. Les enfants  ont souvent la moque au nez et des joues tellement rouges, presque violettes, qu'on dirait qu'ils les ont tous eu un jour gelées pendant l'un de leurs hivers sûrement glacial. Nous croisons peu d'hommes, je me demande où ils sont.

Tout le long de notre promenade nous croisons des moines en moto, souvent a deux, il doit y avoir un monastère cache derrière l'une de ces collines. Ils sont très souriants et s'abritent sous des  espèces de casquette jaune qui leur donnent une allure plutôt comique et sympathique. D'ailleurs le bouddhisme semble ne pas être une religion pour laquelle il faut toujours  être sérieux et concentré sur Dieu pour avoir l'air crédible ou érudit. Les moines que nous croisons sont souvent tout aussi curieux que les autre locaux et posent les mêmes questions habituelles. Nous les voyons souvent pendant leur temps libre déambuler en ville avec leur potes, téléphoner avec leurs portables tout neufs, aller au marché, s'acheter des fringues dans les magasins pour moines ou surfer Internet pour tchatcher ou jouer "online".


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