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Zagreb - Senj  

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Zagreb Zagreb

Malheureusement pour le contenu du site, Zagreb n'est pas une ville où l'on hésite à prendre une photo à tous les coins de rues et nous on a carrément oublié d'en prendre. Des beaux bâtiments il y en a, et même pas mal, mais ce qui fait l'attrait de Zagreb ce n'est pas ça, c'est sa dynamique, on sent que c'est une capitale, assez dense, active.
Le premier tram qui nous amena au centre ville (toujours sous la pluie) possédait un charme vieillot avec ses fenêtres en bois à peine étanches. Sur le "tableau de bord" du conducteur que j'observais attentivement, deux manivelles et quelques boutons. Peut importe le conducteur ne s'occupait que d'une manivelle qui apparemment lui servait pour tout. Une petit ventilateur en plastique accroché en hauteur essayait péniblement de brasser l'air afin de diminuer la buée sur les vitres et toutes les minutes notre conducteur le tournait alternativement en direction de la vitre frontale ou latérale. En fait Zagreb est sillonnée par tout un réseaux de trams plus ou moins modernes mais le quartier de l'auberge de jeunesse ne doit pas être le plus riche étant donné les trams qui y circulent.
Contrairement à Ljubljana, Zagreb est très homogène, on s'éloigne du centre petit à petit, sans s'en rendre compte. Comme il pleuvait toujours nous avons fait un peu de shopping, histoire d'être à l'abri et au chaud dans les magasins. Il y a ici une certaine culture de l'habillement, chacun à sa manière, selon son look et ses moyens, est bien habillé. Dan avec sons K-way jaune était regardé de travers par tout le monde! Il ne peut même pas rivaliser avec les cantonniers qui font leur travail abrités par l'ensemble ciré jaune des marins de haute mer.
Pour se reposer et se réchauffer à la fin de cette journée, rien de tel qu'un thé et un brin de lecture dans un café donnant sur la place principale, à observer par la fenêtre les gens qui passent.
La journée suivante la pluie avait enfin cessé. Nous commençons la ballade par le marché pour aller ensuite se perdre dans les rues au grès du vent. Sur le chemin, nous croisons quelques stands "sauvages" de cireurs de souliers et de vendeurs de maïs grillé, c'est la première fois. C'est aussi ici que le marchandage semble faire sa première apparition, tout les prix ne sont pas indiqués et quelques vendeurs et acheteurs semblent discuter mais de manière tout à fait bonhomme. Les paysannes les plus âgées sont systématiquement habillées de foncé avec un fichu sur la tête. Nous en croiseront encore beaucoup en campagne mais pas en ville. Le coeur de Zagreb est riche en grandes terrasses très fréquentées où l'on vient boire une bière entre collègues, un thé entre amies, le tout accompagné d'une pâtisserie plus ou moins appétissante (les plus grosses et les plus sucrées ont les faveurs de toutes les mamies...) C'est une atmosphère que j'aurais imaginée à Vienne, en Autriche, sans pour autant y avoir déjà mis les pieds...

Zagreb - Plitvitčka Jezera Zone non déminée

Tout motivés par un ciel encore sec, sans pour autant être bleu, nous sommes partis en direction d'un parc national que nous comptions visiter. Soit mon atlas s'est trompé, soit deux routes peuvent porter le même numéro, soit nous sommes tous deux complètement stupides... Le fait est qu'au bout d'une cinquantaine de kilomètres  nous ne roulions déjà plus dans la bonne direction, ceci pourtant tout en suivant une route numérotée par le même chiffre que la route que nous devions prendre selon l'atlas! Comme nous n'avions aucune envie de revenir sur nos pas, nous avons enclenché notre GPS et décidé de couper à travers la campagne sur une petite route qui semblait rejoindre la notre.
Nous avons croisé de charmants petits hameaux, des fermes et leurs jardinets soignés, de petits champs justes assez grands pour produire ce qu'il faut pour nourrir la famille et peut-être trois patates en plus à vendre sur le marché. Sous le soleil le décors aurait brillé de milles verts différents, de jaunes dorés des champs, de camaïeux de rouges profonds des fougères. C'était tout de même très beau et de gros tas de courges oranges venaient égayer le paysage, se moquant bien de la grise mine du ciel. Tenant compagnie aux fermes ou ponctuant les champs, de grosses bottes de foin faisaient penser à des tipis. Ces bottes sont organisées autour d'un pieux, et sont surmontées d'un petit bout de plastique lesté par quatre pierres. Cela empêche l'eau de glisser le long du pieux pour aller pourri l'intérieur de la botte. Ce pieux est effectivement le seul point faible de la botte, le reste fonctionnant comme un toit de chaume étant étanche en lui-même.
Au bout de quelques temps, la route est devenue caillouteuse et encore plus étroite, les habitations étaient plus rares je ne sais pas pourquoi j'eu soudain une sensation que l'atmosphère était étrange. En regardant autour de moi plus attentivement, je remarquais qu'il n'y avait plus de signe de vie. Près des quelques habitations que j'apercevais au loin il n'y avait pas de voiture, de bric à brac dans les cours, de jardinet cultivé. Le temps d'en faire la remarque à Dan, j'aperçus autour de nous, à quelques mètres dans les champs de fougères qui bordaient la route, des panneaux blancs à tête de mort rouge. A parti de ces panneaux la zone n'avait pas été déminée... Je m'inquiétais soudain en me remémorant un paragraphe du guide lu la veille qui conseillait de ne pas s'aventurer sur des petits chemins passant par des villages abandonnés. Dan me rassura en me montrant les traces toutes fraîches d'une voiture qui devait être passé par là un peu avant nous. Nous avons donc continué. Il s'était remis à pleuvoir, ce qui n'ajoutait rien à l'atmosphère de désolation qui régnait. Plus on avançait, plus les maisons étaient dévastées, à moitié carbonisées, des impacts de balles sur les murs. Les lignes électriques, amputées, laissaient pendre dans le vent leurs bouts de fils inutiles. Au milieu de ce spectacle pesant de désolation, de temps en temps, une rare maison habitée avec de nouveaux carreaux aux fenêtre mais pas beaucoup plus. Qu'est ce qui peut pousser quelqu'un à rester dans un tel endroit avec sous les yeux le souvenir quotidien de la guerre? Peut-être que ce sont des gens venus plus tard, qui n'ont pas connu les combats, attirés par des terres bon marché. Peut-être ces personnes ont-elles vécu là toute leur vie et que c'est ici  et pas ailleurs que se trouve tout ce qu'elles possèdent, y compris leurs souvenirs. Peut-être n'ont-elles simplement pas le choix, ne possédant pas les moyens de partir, même si elles le désirent. Qui sait, sous le soleil la vision que nous avions n'aurait peut-être pas été aussi forte, mais pour dramatiser le tout le brouillard s'était levé et c'est dans cette atmosphère de film dramatique que nous avons parcouru les derniers kilomètres qui nous permirent de rejoindre notre route.

Plitvička Jezera Plitvička Jezera

Derrière ce nom qui ne doit pas vous dire grand chose à moins que vous ne connaissiez déjà, se cache un parc national classé au patrimoine naturel mondial par l'UNESCO. La région dans laquelle se trouve le parc est la région dite du "Karst". Je vais essayer de me lancer dans une petite explication pseudo scientifique pour expliquer la chose. Si j'ai bien compris, l'eau des rivières par son érosion fragmente la roche du lieux en minimes particules de calcite, qui en interaction avec une algue particulière forme le travertin, dépôt rocheux et blanc. Ce travertin se dépose spécialement sur les aspérités du terrain, les augmentant toujours jusqu'à former des reliefs qui font que les cours d'eau et lacs en de multiples endroits de la régions, coulent en cascades successives dans des bassins étagés.
Le parc englobe un complexe de 16 lacs (lacs=jezera) ainsi étagés, au centre d'une région forestière magnifique ou vivent protégés des ours, des loups, des loutres (si j'interprète bien le symbole que j'ai sous les yeux) et tout plein d'oiseaux. Comme tous ces sites classés par l'UNESCO, le parc est très visité. Suivant les conseils donnés sur le net par un visiteur pour éviter les hordes de touristes, nous nous sommes levés à 7h (vive les vacances), nous avons pris la petite entrée (il y en a deux) et nous avons essayé de faire le parcours dans le sens inverse de ce qu'ils conseillent à l'information. Je ne sais pas si c'était grâce à la tactique adoptée ou au temps toujours maussade mais cela a assez bien marché!
C'est la plupart du temps seuls sur le chemin balisé que nous avons pu découvrir ce lieu magnifique. Les 16 lacs, petits et grands, perdus au milieu d'une végétation dense et luxuriante, se déclinent dans des tons allant du turquoise clair au bleu roi en passant par le vert flashy. L'eau, claire comme du cristal, suit son cours de cascade en cascade , au milieu des roches et des plantes variées. Joncs, roseaux oscillant au grès du vent et plein d'autres plantes dont je n'ai aucune idée du nom viennent décorer les berges. Les poissons mènes leur existence heureuse se laissant dériver dans les courants jusqu'à ce qu'un ours décide de se faire une bouffe. Aucun doute que se soit le paradis pour eux, l'eau est tellement claire, et les poissons si abondant le long des rives (ben oui c'est là qu'il trouvent la bouffe) que l'ours n'a qu'à venir se servir... Je ne me lancerai pas dans un essai de description littéraire et métaphorique du lieu, je n'en n'ai pas les capacités mais c'est juste extrêmement beau et nos quelques photos grises à cause du temps pourront quand même peut-être vous donner une idée. Vers la fin de la journée le soleil nous a fait cadeau de quelques rayons pour nous laisser apprécier à quoi ressemble le lieu une fois illuminé de ses feux.
Nous n'avons bien sûr pas rencontré d'ours ou de loup, à ma grande déception et à mon grand soulagement. Par contre Dan a faillit écrasé une élégante salamandre (je crois) jaune et noire. Celle-ci, sûrement tétanisée de peur faisait la morte pendant que Dan la photographiait. Elle faisait tellement bien la morte que je me suis demandé un instant si l'objet de notre attention n'était pas le jouait oublié sur le chemin d'un enfant étourdi. Après l'avoir examiné pendant quelques minutes et essayé toutes sortes de tactique pour la faire bouger, Dan à l'aide d'un petit bout de bois voulait la taquiner, impossible de lui faire perdre l'équilibre, par d'imperceptibles mouvements elle restait en place. C'était donc une vraie et nous n'avions pas passé tout ce temps à observer un bout de plastique, l'honneur était sauf!!!

Plitvička Jezera - Senj Notre plage privée

Le moment était venu de rejoindre la côte, ce que nous avons fait sans nous perdre, prenant une route passant par la campagne. Dans les villages des petits stands tenus par des paysannes offraient du miel et du fromage. Parfois, c'était juste quelques pommes de terre ou un choux posés sur une brouette rouillée au bord de la route qui indiquait qu'ici se vendait le produit ainsi exposé. C'était le crépuscule et les couleurs de la campagne en étaient intensifiées. De vieux bergers secs et encore alertes rentraient leurs troupeaux de moutons et chèvres pas toujours dociles. Régulièrement, dans ce cadre paisible, la guerre passée se rappelait à l'esprit par des façades criblées d'impacts de balles, quelques tombent aux effigies de soldats, et des petits mémoriaux de village. Après le dernier virage de la dernière grimpée, c'est un ciel dégagé sur la mer et de fortes bourrasques de vent froid qui nous accueillir sur la côte. La descente, jusqu'au pied de ces montagnes qui plongent dans la mer est tortueuse et pittoresque.
Le camping que nous avons déniché, petit et familial est situé dans une crique avec une plage privée. Quelques bateaux amarrés tanguent sur une mer cristalline. Après une coucher de soleil très kitsch, mous avons dû très vite nous replier dans notre tente secouée par de violentes rafales de vent. Nous nous sommes endormis en nous demandant si nous allions nous envoler au cours de la nuit mais la tente a tenu le coup. Au réveil, le soleil brillait plus que jamais. Sur un rocher, au bout du bras de la crique, une silhouette exécutait une sorte de danse. C'était un pécheur, qui muni d'un simple fil et d'un hameçon, lançait sa ligne après l'avoir fait tournoyer plusieurs fois dans les airs au-dessus de sa tête. C'est une technique de pêche née du "système D", la même que nous avions déjà eu l'occasion d'observer à Cuba le long du "Malecon" à la Havanne.

 


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