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Cette grosse semaine passée à longer la côte avait un petit air de vacances. Soleil, mer cristalline et encore agréable, sans être des fanatiques de "plage-baignade" nous avons tout de même apprécié.
Comme tout le monde le dit, la côte est vraiment magnifique. Mais l'infrastructure touristique présente laisse supposer qu'en pleine saison elle doit être débordée. La côte croate est, paraît-il, encore sauvage par rapport à la côte italienne... et bien si c'est vrai, nous sommes heureux de la découvrir hors saison et nous n'iront probablement jamais en vacances sur la côte italienne.
Découpée comme une fine dentelle, la côte est une jeu de péninsules et de criques. En face, un peu au large, des chapelets d'îles se détachent sur l'horizon, offrant ainsi des vues lointaines toujours changeantes. Entre Senj et Zadar ce sont les montagnes pierreuses du "Velebit", classées en zone naturelle, qui plongent directement dans la mer. Cette rencontre brutale entre la pierre et l'eau en fait à mon avis une des plus belles régions de ce que nous avons vu de la côte. De plus comme la zone est protégée, la construction semble un peu contrôlée par rapport à d'autres endroits. Malheureusement pour vous, ce sont à nouveau des décors grandioses difficiles à prendre en photo...
Je pense que pour vraiment découvrir la région, il faudrait venir juste pour ça, avec une voiture pour pouvoir se baser à des endroits peu fréquentés, et louer un tout petit bateau pour découvrir les recoins sauvages des îles et péninsules auxquels ne mène aucun chemin. Pour les marcheurs, il y a aussi des possibilité de découverte, mais les chemins distribuent souvent le bord de mer en "arrêtes de poissons", il y a donc toujours un moment où l'on revient sur ses pas.
Les locaux ont trouvé le truc, là où le relief s'y prête, chaque personne qui possède quelques mètres carrés de terrain en trop les transforme en "Auto-Kamp" et pose un petit panneau au bord de la route. Il y a des trésors mais il faut être patient et persévérant, sinon on risque fort de se retrouver sur un terrain vague, avec une clôture en métal et pour seul décors des maison en construction, c'est-à-dire briques de ciment et fers à béton en attente!
C'est un "camping-trésor" que nous avons déniché près de Sibenik pour passer quelques jours, une petite place sous les oliviers, au bord de l'eau dans un tout petit port. Le jour de notre arrivée, un samedi, la famille propriétaire était en train de cuisiner les poulpes attrapés le matin. Il nous ont invité à partager leur repas. Il fallait bien un tel décors et une atmosphère "rigolarde" pour que je mange ces tentacules gluants, caoutchouteux et recouverts de petites ventouses toutes roses! Les quatre autres habitants du camping mangeaient aussi avec nous, deux autrichiens et deux belges, des habitués apparemment. Tous nous ont expliqué que plus loin sur la péninsule, il y avait des "mouflons". Dès le lendemain nous avons donc entrepris une balade pour aller les voir, sans savoir vraiment ce que c'était ni de quelle langue venait ce mot étant donné que les Croates autant que les Belges et les Autrichiens l'utilisaient dans la discussion. Mais allez chercher une douzaine de "mouflons" qui crapahutent en liberté au milieu des fourrés sur une immense péninsule... Je me suis dis que c'était encore un coup comme les marmottes du Parc National Suisse! Au début j'étais attentive à tous les bruissements de feuilles, ce n'est que après avoir vu un "mouflon" que j'ai compris qu'un animal comme ça, avec ses grandes cornes, quand ça se déplace au milieu des arbustes, ça fait plus qu'un bruissement. c'est donc avec pas mal de bruit et de branches secouées que le "mouflon" a débarqué sur le chemin à quelques mètres de nous. Apeuré, il est allé se mettre à une distance raisonnable pour pouvoir nous observer sans danger. Au bout d'un moment il a dû estimer que nos têtes ne lui inspiraient pas confiance, d'un bond il a disparu dans les buissons. C'était l'aventure de la journée!
Les vieilles villes de Zadar et Split sont très jolies et agréables à vivre mais dès que l'on s'éloigne du centre la ville devient grise et peu attirante. La vielle ville de Zadar, sur une péninsule, est basé sur un plan romain encore bien visible, tandis que celle de Split est tout à fait moyenâgeuse, c'est-à-dire bien moins structurée sauf dans la partie qui constituait au temps des romains le palais d'un empereur et qui est aujourd'hui classée au patrimoine de l'UNESCO. L'arrivée sur Split est assez impressionnante car la périphérie est formée d'une ceinture de hauts immeubles d'habitations qui lui donne un aspect de métropole inhabituel pour le pays. La ville est aussi dotée d'une grande colline qui sert de parc public et les quais, aménagés de nombreux bancs, sont un véritable lieu de rencontre pour les gens de tous âges, ce qui en fait une ville très vivante.
Les villages de Primkosten, Trogir, Hvar sont tous très touristiques mais remarquables. Des entrelacs de petite ruelles et de maisons de pierre. Ce qui donne tout son charme à ces villages, c'est surtout la végétation qui envahit les balcons, grimpe le long des façades, abrite les terrasses. Figuiers, grenadiers, bougainvilliers, jasmins et toutes sortes de plantes grimpantes s'en donnent à coeur joie.
C'est sur la belle île de Hvar que nous avons trouvé la réponse à une question qui nous trottait dans la tête depuis un moment. Nous avions déjà souvent remarqué dans le paysage des "formations" de pierre amoncelées parfois en murets, parfois en tas, mais toujours selon une sorte de paterne. La première fois que nous avions relevé la chose, cela ressemblait à un réseau peu structuré de murs, mais impossible de dire à quoi il pouvait servir, nous cherchions l'utilité des tas de pierre... C'est en voyant ce phénomène avec du recul et sur des grandes étendues que nous avons compris que c'est l'espace laissé entre les tas qui est intéressant. En effet dans toute la région, les colline sont souvent recouvertes de pierres, et ces tas ou murets sont constitués par les paysans pour dégager la terre afin de pouvoir la cultiver. Nous n'avons pas encore eu confirmation de cette hypothèse mais après les magnifiques paysages de Hvar, cette réponse à notre questionnement nous paraît tellement naturelle que nous sommes presque honteux de ne pas y avoir pensé avant.
De retour sur la côte, il nous fallut choisir la route à suivre à partir de là. Après avoir lu les guides et consulté le site des affaires étrangères sur le net, l'option de continuer par la traversée du Kosovo est tombée à l'eau. Il nous restait l'option que nous appelions du nord, par la Bulgarie sans détour jusqu'à Istanbul, et l'option du sud avec quelques zigzag en plus. Quel sentiment de liberté d'être devant un tel choix, un vrai bonheur de savoir que l'on peut se décider suivant son humeur, son envie du moment, son instinct tout en sachant que si l'envie à changé le lendemain matin, cela ne pose aucun problème! Nous avons donc choisi la route du sud, puis celle du nord et finalement nous sommes partis dans l'optique "sud" en direction tout d'abord de Mostar puis de Sarajevo. Le prochain article sera donc un peu plus oriental et moins "prospectus touristique". |