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Durrës  

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Fête à DurrësLa pluie passe encore mais ce jour là le bouillard l'accompagnait et ça me tombait sur le moral. Nous ne pouvions pas observer les paysages que nous traversions. De plus la mauvaise nuit passée dans un lit-baignoire m'avait laissé un mal de dos latent et une bonne migraine. Marre! Nous ne sommes pas allés loin, il fallait absolument que je dorme! Arrêt à Durrës en début d'après-midi où nous avons une fois de plus suivi les conseils de notre guide pour nous retrouver dans un B&B, la plus vieille maison de la ville, datant de 1840 et quelques, peu rénovée mais bien entretenue, un charme fou avec sa petite cour d'accès envahie par les plantes. Impossible de deviner ce petit trésor depuis la rue et quasi impossible d'y accéder. En tous cas, le portail a laissé une forte impression sur l'arrière de notre voiture…

Le couple qui tient le B&B, lui italien, elle albanaise, nous a fait tout de suite confiance. Ils nous ont laissé tous seuls dans la maison alors qu'ils allaient voir un ballet de Lausanne (!) à Tirana. Ce ne sont pas les plus pauvres de la ville, bien au contraire, la maison est remplie d'antiquités, de tableaux, de livres, c'est en musée en soi!

Après une bonne sieste pendant que Dan découvrait la ville, ma tête était un peu plus claire et nous sommes allés jeter un oeil à la fête qui avait lieu sur la place principale, une sorte de spectacle de danses et chants organisé par une ou plusieurs écoles, avec des invités de la Macédoine, de la Bulgarie, etc. Rien d'extraordinaire à vrai dire, juste l'atmosphère festive, les flics qui se donnaient des airs de surveiller une apparition présidentielle, et le décors encore très communiste de la place, du bâtiment de fond et du drapeaux de la fête. Intéressant de voir à travers tous ces petits spectacles que l'on se trouve là à la rencontre de diverses cultures. Airs slaves ou orientaux, musiques traditionnelles ou actuelles, tout le monde n'aime pas et les vieux font la grimace en s'en allant lorsqu'un môme sur la scène s'essaye à rapper en je ne sais quelle langue du coin, avec pourtant un certain talent d'après moi...

Le soir, la rue la plus passante de la ville est fermée au trafic et devient le domaine des piétons. Je trouve ça génial! Cette rue bruyante et encombrée pendant la journée devient un véritable lieu de détente où l'on vient se poser pour boire un verre sur une des nombreuses terrasses qui envahissent le trottoir. Et on regarde les gens passer, occupation toujours aussi fascinante! Toute la ville semble venir faire sa promenade du soir à cet endroit. Certains devant trouver la ballade trop courte passent et repassent, chaque fois accompagnés de quelqu'un d'autre. Le bord de mer par contre à des airs de petite marina communiste vétuste.

De retour au B&B nous avons croisé nos logeurs qui rentraient  moyennement convaincus par le ballet. Ils nous ont prêté des tas de livres pas tous récents sur les richesses archéologiques, artistiques, artisanales et architecturales de l'Albanie. Pas le temps de les lire bien sûr, mais de les feuilleter et surtout de regarder les images. Les textes valent tout de même que l'on s'y arrêtent quelques instants. Emprunts de ferveur communiste et de propagande, ils nous convainquent que l'Albanie est le plus beaux pays du monde et que le gouvernement en place sera celui qui saura mettre toutes ces richesses à la portée de chacun. En pratique les ruines de Butrint (censées être les plus intéressantes du pays) étaient à l'époque interdites de visite aux albanais car de là ils pouvaient essayer de nager jusqu'à Corfou, île grecque toute proche! Nos logeurs sont très cultivés et c'est dommage que nous n'ayons pas pu manger une fois ensemble, histoire d'en apprendre un peu plus sur leur pays.

Pendant le déjeuné nous avons encore eu le temps de fouiner dans leurs livres et Dan a choisi un ensemble de rapports étrangers sur la situation actuelle de l'Albanie pour s'occuper pendant le café. Apparemment l'un des gros problèmes de l'agriculture en Albanie, comme d'ailleurs dans d'autres pays du Balkan, est le morcellement des parcelles rendant l'exploitation des terres peu rentable. Un autre problème est l'absence de marketing et de classification par rapport à la qualité des produits. La production n'étant pas axée sur le consommateur elle ne peut donc pas être concurrentielle sur le marché international. Pourtant, il existe de la part du consommateur albanais une demande pour des produits locaux compétitifs.

Le soleil était enfin de retour et les températures bien agréables, nous sommes partis plus au sud le sourire aux lèvres.


© 2004 Sylvaine Vanet & Daniel Gehriger. All rights reserved.