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Arrivée à Istanbul  

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Mosquée BleuNous sommes partis de Ionnina le mardi et nous avions prévu d'être à Istanbul le jeudi pour retrouver la soeur de Dan, son mari et deux de leurs amis. Il a fallut tracer mais cela ne nous dérangeait pas. Nous n'avions jamais eu vraiment envie de visiter la Grèce. Nous avons donc conduit pendant deux jours, certains tronçons de routes offraient de très beaux paysages et certaines pauses casse-croûte de sympathiques rencontres. Nous avons campé en Grèce où un chat n'a pas eu de meilleure idée que de pisser sur notre tente... et une première nuit en Turquie, dans un petit camping au bord de l'eau pour nous tous seuls, sous des pins habités par des chouettes. Le propriétaire était un petit bonhomme tout rond et fort souriant qui observa notre installation d'un oeil curieux en attendant des explications pour tout ce qu'il voyait: la tente, les robinets, la lampe bricolée par Dan, etc. Cette nuit nous coûta 4.- FS (!) mais nous aurions plutôt dû nous faire payer car Dan, après avoir failli foutre le feu au camping à cause d'un court circuit dû à l'installation électrique foireuse, lui a refait son installation dans les règles de l'art cette fois-ci.

Le jeudi nous avions n'étions donc plus qu'à une heure et demie d'Istanbul. Nous avons pensé faire une surprise à la soeur de Dan en allant les attendre à l'aéroport. Un quart d'heure avant l'heure d'atterrissage de leur avion, nous n'étions plus qu'à 10 kilomètres de l'aéroport. Nous étions très fier de notre "timing" mais c'était sans compter les bouchons... Il nous fallut une heure pour parcourir ces dix derniers kilomètres. Sur cette route c'était le pugilat entre voitures, il y avait des embranchements arrivant et sortant de tous côtés, le nombre de pistes était à son grand maximum tout le temps, la marquage tout le monde s'en foutait car où il y avait la place pour une voiture, voiture il y avait. Il fallait coller la voiture  de devant, calculer l'espace restant sur les côté afin qu'une autre voiture ne viennent pas latéralement forcer le passage. C'était très agressif et ça klaxonnait dans tous les sens. A un moment il fallut un peu freiner et celui de derrière s'enfonça dans notre voiture avec un bruit de casse. Dan, un peu tendu par les circonstances sauta de la voiture en s'énervant le type qui le regardait d'un air perplexe. C'est après avoir baissé les yeux sur les dégâts que nous avons compris pourquoi. Notre par-choc métallique avait écrabouillé son feu avant mais nous n'avions rien! Malgré tout, comme l'avion attendu avait du retard, nous avons réussi notre surprise.

Mais nous n'étions pas au bout de nos peines, les retrouvailles terminées il nous fallait encore arriver au centre ville. Une autre dizaine de kilomètres qui nous prit une heure et fut la cause de la perte de beaucoup de nos cellules nerveuses. Après avoir trouvé une petite pension au centre il y avait un autre problème à régler. Le matin Dan croyant trouver un caillou dans son pain l'avait craché au milieu des épines de pin du camping avant de réaliser que c'était un bout de dent. Total il se retrouvait avec une dent à vif qui lui faisait mal à chaque chose ingurgitée. Un type de la pension nous conseilla de nous occuper de ça le jour même car le vendredi c'est jour saint, et le week-end les dentistes ne travaillent pas. Nous avons donc atterrit dans un hôpital bien moderne d'apparence en tous cas (plutôt pour riches je dirais) où quelques dentistes semblent travailler sur appel. C'est un jeune dentiste affamé d'avoir jeûné toute la journée pour le ramadan qui demanda à Dan si il pouvait manger avant de le soigner. Voyant comme ses mains tremblaient Dan accepta sans hésiter qu'il se rassasie avant qu'il lui farfouille dans la bouche!!! Le dentiste travailla une bonne heure et demie et cela coûta 70.- FS (vive la Suisse)! Pendant ce temps j'étais allée dans le quartier trouver un endroit ou me nourrir car avec tout ça je n'avais pas eu le temps de manger. J'entrai dans le seul local illuminé du quartier qui ne devait pas être un quartier de riches. Là je pris une délicieuse soupe aux lentilles qu'on m'invita à aller manger à l'étage, car il n'y avait plus de place en bas. Plus de place c'est-à-dire plus de table libre. En fait au rez-de-chaussée chaque table de quatre était occupée par un seul homme et cela aurait été impensable que je m'assoie à une des trois places restantes à la même table qu'un homme! J'étais la seule femme d'ailleurs et vu le quartier, je m'était couverte convenablement à part les cheveux. Je n'ai mangé qu'une soupe mais je fût servie comme une reine par les deux serveurs et le patron. Dans le taxi de retour (nous étions attendus) nous avons tenté la première conversation en "turc", pas de bol notre chauffeur était kurde et ne nous apprit que des mots dans cette langue. En fonçant comme un malade, il mit la radio à plein tube et se dandinait en rythme sur son siège. La musique dansante nous entraîna aussi et le trajet fût du coup très joyeux.
Le soir nous étions tous invités à manger au restaurant par les parents de Dan restés en Suisse. Nous avons choisit un joli restaurant avec vue sur la mosquée bleue illuminée. Au dehors, à côté du restaurant, un spectacle de derviches (sûrement le même tous les soirs) avec musique live qui montait jusqu'à nos oreilles et ajoutait la note musicale au tableau. Welcome to Istanbul!

 


© 2004 Sylvaine Vanet & Daniel Gehriger. All rights reserved.