|
|
|
|
|
|
Journée tranquille, grasse matinée, lessive, petite balade dans le bazar. Les gens de cette ville sont très accueillants, curieux et pressés d'exercer leurs trois mots d'anglais. Cela reste tout de même très reposant par rapports aux gens des villages pour qui parfois nous sommes les premiers étrangers qu'ils voient de leur vie! Dans les villes nous pouvons toujours refuser poliment les milles thés et jus de fruits en prétendant en avoir bu un juste avant avec le propriétaire d'un magasin à quelques dizaines de mètres de là, et en plus c'est souvent vrai.
Un écolier poussé par son père nous pose les questions habituelles. Dans ses mains je repère de jolis cahiers dont les couvertures cartonnées sont faites de déchets d'emballages en carton de produits étrangers. Certains sont vraiment très "design" sans le vouloir et chez nous il feraient un tabac dans des magasins "branchouilles". Par chance je tombe sur la boutique qui vend ces cahiers et je passe bien un quart d'heure à regarder toutes les couvertures disponibles. Cela va de la "Purée Bouton d'or" aux médicaments contre le cholestérol, j'en trouve même un fait avec l'emballage des "Pingu Flakes" de la Migros! Le propriétaire du magasin parle très bien anglais, il a beaucoup voyagé et travaillé vingt ans pour "General Motors" en Arabie Saoudite. Il est tout fier de nous raconter qu'il a pu ainsi conduire toutes les meilleures voitures du monde. Nous lui demandons d'où viennent ces cahiers. En fait le Pakistan importe très bon marché ces emballages mal imprimés et encore non découpés et en fait des couvertures de cahiers. Cela coûte probablement moins cher au pays que si il devait produire la même quantité de ce matériau. Cela explique aussi sûrement les pages jaunes de New York City pour emballer la bouffe. Ecologiquement c'est pas mal et je dois dire que les pays qui exportent cela font très fort. Non seulement ils s'épargnent les coûts de recyclage de ces vieux papiers ou déchets et en plus ils se débrouillent pour en tirer un bénéfice!
Le propriétaire du magasin radote un peu mais il nous raconte qu'il a vu beaucoup de pays mais aucun avec un sens de la famille si développé qu'au Pakistan. Tout enflammé, il nous explique comme il n'est rien sans sa femme, comme il mourrait pour ses fils. Il en a trois et pas de filles. Il regrette car pour lui les filles sont dévouées aux parents tandis que les garçons le sont à leur femme. C'est bien beau tout ça, est-ce vraiment le reflet d'une façon de penser généralisée? En tous cas ici les nouveaux nés filles ne posent pas les mêmes problèmes que dans certaines régions de l'Inde où ils manquent de filles car les mères avortent ou se débarrassent de leur nourrisson si il est de sexe féminin. Au Pakistan il y a 52% de filles même si cela ne se devine pas lorsqu'on arpente les rues…. |