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Multan (22.2.2005)  

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Lanceur de CricketA nouveau une petite journée tranquille, histoire de récupérer des nuits de camping durant lesquelles les villageois curieux pourraient vous faire la conversation ou vous regarder vivre jusqu'à point d'heure si vous ne leur signalez pas votre envie de dormir. Ce sont d'ailleurs les même villageois qui viennent dès l'aube vous réveiller en tapant sur la tente pour vous inviter à déjeuner ou être sûrs de vous avoir un petit moment rien que pour eux avant que les autres ne surgissent.

A Multan, nous décidons de nous offrir un restaurant un peu mieux que d'habitude. Premièrement parce que cela fait une vingtaine de jours que nous mangeons dans le même genre d'endroits dans la rue et nous voulons découvrir ce qu'il existe d'autre. Deuxièmement parce que nous pourrons peut-être trouver quelque chose de peu épicé pour l'estomac de Dan qui aujourd'hui semble exiger une pause. Comme on pouvait s'y attendre, l'endroit se veut un peu chic pour la classe moyenne pakistanaise, c'est-à-dire très kitsch et pas très atmosphérique. Nous commandons deux soupes, petites croyons nous car on nous donne le choix entre "a bowl" ou "half a bowl". Elles sont délicieuses mais avec ce qu'ils appellent une demie portion, je peux remplir quatre bols normaux et après ça je suis callée. Je crains pour la grandeur de la portion du plat principal et cela se vérifie très vite. Je me retrouve avec une assiette gigantesque qui pourrait facilement remplir l'estomac de trois personnes ayant les crocs. Je suis un peu fâchée, après l'énorme soupe, j'entame à peine cette portion dont le reste ira sans doute à la poubelle dans ce pays où je ne suis pas sure que tout le monde mange toujours à sa faim. Ok, c'est peut-être leur image de marque, que les clients aient plus qu'assez pour un prix raisonnable. Ils pourraient au moins prévenir de la grandeur de leurs portions quand ils voient des clients de mon gabarit! Mais les serveurs ont le sourire satisfait quand ils voient mes yeux horrifiés devant cette assiette monstrueuse, ils prennent ça comme un compliment. C'est pousser à la consommation et du gaspillage dans un pays où l'on s'en passerait plus qu'ailleurs!

Par peur de se retrouver à devoir boire un litre de thé, nous prenons le tchaï dans la rue, retrouvant l'atmosphère et les bruits familiers que nous aimons et n'étant pas prêts à renouveler l'expérience de si tôt, même si c'était peut-être juste un coup de malchance. La lune est presque pleine. Autour de nous les masseurs font les cent pas en faisant teinter leurs petites bouteilles sur leur support métallique qu'ils balancent et secouent en rythme. Si quelqu'un est intéressé, il le fait savoir, on lui trouve un coin "propre" pour s'asseoir ou s'allonger et il a droit à un massage pour quelques roupies. Juste à côté de nous deux mecs se tiennent dans les bras tout en discutant, on dirait deux amoureux. Ici les hommes se prennent souvent dans les bras ou se tiennent par la main, les doigts enlacés, se baladant comme ça dans la rue avec un air complice. Chez nous une telle attitude ne laisserait aucun doute sur leurs préférences sexuelles mais ici c'est tout à fait courant. Malgré tout notre ingénieur civil de Quetta nous a appris que beaucoup dissimulent ainsi leur homosexualité pécheresse aux yeux de la religion de 98% de gens du pays.


© 2004 Sylvaine Vanet & Daniel Gehriger. All rights reserved.